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mercredi 8 octobre 2008

Une nouvelle biographie pour Cesaria Evora


Ça y est, c'est certain : une nouvelle biographie de Cesaria Evora va sortir dans les tous prochains jours. Intitulé Cesaria Evora et le Cap-Vert, ce livre est le second essai que la journaliste du Monde, Véronique Mortaigne, consacre à la Diva aux pieds nus, onze ans après son premier ouvrage, Cesaria Evora, la voix du Cap-Vert.

La similarité entre les titres des deux livres laisse-elle deviner que le second n'est qu'une simple mise à jour du premier ? Nous ne sommes pas en mesure d'y répondre. Toujours est-il que de nombreux événements ont eu le temps de se produire en ces onze dernières années et ils méritent bien d'être développés dans une biographie digne de ce nom.
On pourra citer par exemple la sortie des albums Café Atlântico (1999), São Vicente de longe (2001), Voz d'amor (2003), ou encore son dernier opus, Rogamar (2005). Il y a aussi les couronnements aux Victoires de la Musique, ou aux Grammy Awards, et les décorations prestigieuses. Dans cette dernière période, Cesaria a également conforté sa notoriété et sa popularité, sortant de l'image "intimiste" qui lui collait à la peau, et devenant une véritable star internationale adulée aux quatre coins du monde, à la faveur des nombreuses collaborations avec des artistes parfois inattendus. On peut également citer son véritable acharnement, son "stakhanovisme" selon les termes de V. Mortaigne, qui lui a fait enchaîner des tournées internationales à une cadence élevée, et ce, malgré son âge et ses petits problèmes de santé. Mais il y a aussi cette grande humilité, cette générosité sans bornes, qui n'ont pas été éclipsées par le succès.

Cesaria Evora et le Cap-Vert contient des photographies de Pierre René-Worms, qui a beaucoup suivi la chanteuse, au même titre que Youri Lenquette ou Eric Mulet.

S'il est des artistes qui n'hésitent pas à communiquer abondamment sur leur vie dès qu'ils aperçoivent les premières lueurs du succès -parfois éphémère-, Cesaria Evora a toujours voulu préserver sa vie privée, et distiller les rares informations la concernant à petites gouttes. Ainsi, un petit tour sur le net peut paraître déconcertant pour quiconque souhaite se lancer dans une recherche sur Cesaria Evora : son site officiel, www.cesaria-evora.com, n'a quasiment pas été mis à jour depuis son lancement il y a trois ans. Seul un site quasi confidentiel, www.cesaria.info, semble apporter quelques rares pistes. La communication reste donc volontairement floue, privilégiant le bouche-à-oreille, face aux sirènes de la mondialisation de l'information et des nouvelles technologies. C'est en ce sens que Cesaria Evora est demeurée authentique.
Dans ce même ordre d'idées, elle n'accorde que de rares interviews. D'ailleurs, les seuls ouvrages la concernant à ce jour contiennent parfois des ressemblances troublantes. Il s'agit de :
  • Cesaria Evora, la voix du Cap-Vert, Véronique Mortaigne, Actes Sud, mars 1997
  • Cesaria Evora, biografia autorizada, José Manuel Simões, Publicações Europa-América, novembre 1997
  • Cesaria Evora : la diva du Cap-Vert, Sandrine Teixido, Editions Demi-Lune, mars 2008

samedi 4 octobre 2008

Cesaria Evora, l'infatigable

Après un repos de trois mois, qu'elle a passé entre la région parisienne et sa ville natale de Mindelo, Cesaria Evora a repris sa tournée qui va l'amener à sillonner l'Amérique du Nord, jusqu'à la fin du mois d'octobre.
On se souvient de la brutale décision prise début juin, d'annuler l'ensemble des concerts de la Diva aux Pieds Nus pour une durée indéterminée, mais au moins égale à trois mois. Cette décision, annoncée à contrecœur par José da Silva, l'imprésario de Cesaria Evora, faisait suite au malaise que Cesaria avait subi à Sydney, lors de son apparition pour le festival Womadelaide le 8 mars dernier. Ce malaise s'était révélé être rien de moins qu'un accident vasculaire cérébral. Pas assez en tout cas pour effrayer la chanteuse, qui est remontée plusieurs fois sur les planches, notamment à Rome le 22 avril à l'occasion du Earth Day (retransmission ici). Les observateurs avaient pu remarquer l'extrême fatigue de cette grande dame de la chanson, sa voix très affaiblie et légérement altérée, mais également sa pugnacité, et sa volonté de se battre contre ce destin qui l'a si longtemps éloigné de la reconnaissance internationale.
Pour point de départ de cette nouvelle tournée, Cesaria Evora a choisi d'honorer son pays, auquel elle est tant attachée. Invitée d'honneur du festival de Santa Maria, sur l'île de Sal, le 13 septembre dernier (voir photo), Cesaria Evora a ému ses compatriotes, qui n'ont pas souvent l'occasion de l'entendre sur scène, tant elle est prise par ses pérégrinations autour du monde. Comme une bénédiction venue du ciel, la pluie est tombée quelques instants plus tôt - chose rarissime sur cette île gagnée comme les autres par la sécheresse - prodiguant un souffle de vie et d'espérance pour ce peuple très dépendant des aléas climatiques.
Cette pluie salutaire a été célébrée en son temps par Amilcar Cabral, héros national lâchement assassiné quelques mois avant l'indépendance du pays, pour laquelle il s'est battu, poète à ses heures, et qui a composé des vers touchants repris par Cesaria Evora dans le morceau Regresso, figurant dans l'album São Vicente de Longe.

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Vieille Maman, viens écouter près de moi
Le battement de la pluie sur notre porte
C'est une sonorité bienveillante
Qui fait vibrer mon cœur

Viens, vieille Maman, viens près de moi
Reprends tes forces et approche de la porte
Car la pluie amie vient nous saluer
Son martèlement résonne dans mon cœur

C'est notre amie la pluie, vieille Maman,
Cette pluie qui n'est pas tombée aussi fort depuis si longtemps !
J'ai entendu dire que Cidade Velha et l'île tout entière
En peu de jours se sont transformées en jardin

On dit que la terre s'est couverte de verdure
D'une couleur encore plus belle que celle de l'espérance
Et que le Cap-Vert porte enfin bien son nom !
C'est une tempête qui a fait place au bonheur

Souhaitons donc à Cesaria Evora une bonne reprise, sous ces nouveaux auspices et beaucoup de bonheur pour la suite qui s'annonce intéressante, avec la perspective d'un nouvel album annoncé pour le début de l'année 2009, se Deus quiser, c'est-à-dire si Dieu le veut.

Photo: expressodasilhas.sapo.cv