mercredi 28 janvier 2009

Cesaria n'aura pas chanté en Israël... cette fois-ci

Ce devait être la cinquième tournée de Cesaria Evora en Israël, mais les circonstances particulières qui entourent ce pays en ces temps de (après-) guerre en ont décidé autrement.
Pour autant, le concert qui devait avoir lieu à Jérusalem le 27 janvier n'a pas été annulé mais simplement repoussé au 16 mars, en raison de "problèmes logistiques" affirme-t-on dans l'entourage de la chanteuse.
De là à imaginer qu'il s'agit d'une prise de position assumée de la part de l'artiste contre le conflit au Proche-Orient, il n'y a qu'un pas, qu'il ne faudrait pas franchir trop vite...
On comprend aisément qu'un artiste puisse défendre certaines causes, s'engager personnellement dans des combats sur lesquels sa notoriété peut peser - Cesaria ne le fait-elle déjà pas en représentant le programme alimentaire mondial des Nations-Unies ? - mais un artiste doit-il forcément boycotter purement et simplement un public sous prétexte que ses dirigeants ont mal agi ? C'est une question sujette à discussion.
C'est en tout cas ce que pense un internaute qui n'a pas hésité à publier une "lettre ouverte" adressée à la chanteuse, dans laquelle il dénonce son absence de position face à la situation au Proche-Orient. Peut-être s'imagine-t-il niaisement que sa démarche a finalement pesé dans la décision d'annuler les concerts, mais il convient de remarquer que cette décision avait été prise bien avant qu'il ait entrepris la rédaction de sa missive... D'ailleurs, n'était-ce pas trop tard que de publier cette lettre le 25 janvier, la veille du jour où Cesaria aurait dû se produire à Tel Aviv ?

Vu dans A Semana Online

samedi 13 décembre 2008

Tudu alguêm tâ nacê livri e igual na dignidadi cu na dirêtos

A l'occasion du 60ème anniversaire de l'adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) par les Nations Unies, la Commission Nationale des Droits de l'Homme et du Citoyen au Cap-Vert (CNDHC) a dévoilé mercredi dernier la version créole de ce texte considéré comme patrimoine de l'humanité et déjà traduit dans plus de 360 langues ou dialectes. Une lecture publique de ce texte fondateur a été donnée à Praia, durant laquelle il a été dit que la traduction en créole participait de la valorisation de cette langue qui fait partie intégrante du patrimoine culturel capverdien.

Pauvreté au Cap-Vert

Selon l'institut capverdien des statistiques (INE), la pauvreté - mesurée par le nombre d'habitants bénéficiant de moins de 1,2 euros par jour - aurait reculé de 10 points de pourcentage entre 2001 et 2007, passant de 36,7% à 26,6%.
La baisse aurait été plus importante dans les villes qu'en milieu rural.
Enfin, on apprend que les arrondissements les plus touchés par la pauvreté demeurent ceux de Fogo, Santo Antão et Santiago.

dimanche 7 décembre 2008

Musique en ligne - dangers?

Récemment, j'ai été étonné d'apprendre l'existence des sites deezer.com et jiwa.fm, qui proposent un service de musique en ligne gratuit, illimité et surtout, légal. Je ne les connaissais pas, et j'ai donc essayé d'approfondir le sujet. Je me suis donc plongé dans cet océan de quelque 4 millions de titres, parmi lesquels je comptais bien dénicher quelques perles de la musique capverdienne.

Après quelques requêtes, je n'arrive pas à le croire : il est possible d'écouter la quasi totalité des albums que l'on trouve chez les disquaires... et surtout, on a également accès à des albums quasiment introuvables dans le commerce. Ainsi, outre la discographie complète de Cesaria Evora ou de Lura, peuvent être écoutés, entre autres, les albums de Bau, Bius, Nancy Vieira, Constantino Cardoso, Kompass, Os Tubarões, Voz de Cabo Verde, Maria Alice, et même Totinho, le saxophoniste qui accompagne Cesaria Evora, dont j'ai eu tant de mal à dénicher l'album Sentimental. Sans compter l'album Radio Mindelo de Cesaria Evora, en libre écoute depuis plusieurs jours, et qui pourtant ne doit sortir que demain...

Mais tout ceci est-il vraiment légal? Comment les artistes sont-ils rémunérés?
En principe, ces sites ont passé des contrats avec les grands distributeurs qu'ils rémunèrent grâce à la publicité. Du coup, ces derniers mettent à disposition leur catalogue tentaculaire (plusieurs millions de titres). Mais qu'en est-il des petits distributeurs? Officiellement, ils ont également le droit de soumettre leur catalogue. Mais ils ne le font pas tous. Ainsi, on ne trouve aucune trace de la grande Titina - une des meilleures chanteuses de morna que le Cap-Vert ait connues - car elle est en retrait des grands circuits de la musique industrielle. Heureusement ou malheureusement? Ca dépend...
En effet, ce genre d'artistes passent à côté d'une tribune qui pourrait contribuer à les faire connaître davantage. Mais face à la mondialisation et au développement rapide des nouvelles technologies, les petits distributeurs résistent plus difficilement que les majors à ce fléau qu'est le piratage, alors que, dit-on, il existe déjà des moyens - pour le coup totalement illégaux - permettant de télécharger les morceaux depuis ce genre de sites.

Comme toujours, il faut en appeler à la raison des internautes. Car plus que jamais, la production musicale est en péril. Et personnellement, je pense que la trivialité d'un fichier mp3 - même légal - dans un PC ne peut absolument pas restituer le plaisir procuré par l'écoute d'un disque sur un matériel Hi-Fi, sans compter que l'on a alors accès à la pochette des albums, dont le contenu et le graphisme sont souvent très travaillés, et peuvent nous faire rêver et voyager... Mais c'est encore un autre débat.

samedi 15 novembre 2008

"Radio Mindelo" : un album inattendu




A l'occasion de la sortie de l'album "Radio Mindelo - early recordings", Cesaria Evora se produira le 26 novembre à Lisbonne, au cinéma São Jorge.
Serait-ce pour autant le début d'une nouvelle tournée ? Il semblerait que non...

Cet album dont la sortie est imminente (26 novembre au Portugal, 8 décembre en France), rassemblera 22 chansons, pour la plupart inédites, enregistrées dans les studios de Radio Barlavento au début des années 60, lorsque Cesaria Evora avait une vingtaine d'années. Sa voix suave et sensuelle, sur laquelle le temps n'est pas encore venu imprimer ce timbre si caractéristique qu'on lui connaît aujourd'hui, y est méconnaissable. L'atmosphère est feutrée, et l'accompagnement intimiste se résume à deux ou trois instruments.
Elle y chante plusieurs coladeras de Gregorio Gonçalves, surnommé Ti Goy, grand compositeur, prolixe et désintéressé, qui fut son mentor et l'a aidée à débuter sa carrière, en l'introduisant dans les studios de radio.

Pour mieux connaître ce personnage, je ne peux m'empêcher de citer un passage du livre "Cesaria Evora, la voix du Cap-Vert" par Véronique Mortaigne (p.80) :
Ti Goy est un personnage singulier. Bossu, il est féru de théâtre. Les mornas et surtout les coladeras de Ti Goy étaient satiriques. Elles racontaient avec un humour tenace des histoires de tous les jours, des histoires de femmes. Avec les jeunes musiciens qui lui rendent visite à toute heure, il organise des joutes verbales. Ti Goy écrit des pièces de théâtre, imagine des mises en scène (...). Il est un personnage charismatique, que tout le monde connaît par ses mornas et coladeras, mais aussi par la sympathie qui se dégage de cet homme à la fois discret et omniprésent. Les jeunes l'adorent, il les aide et les épaule. Cesari Evora, mais aussi Titina (...), ou Fantcha (...), sont en quelque sorte les créatures de cette âme damnée et fertile du Lombo. "Il était connu dans tout l'archipel, mais refusait les interviews à la radio, car il avait une voix fine, comme celle d'une femme, et cela le complexait, se souvient Manuel de Novas. Il avait étudié au lycée jusqu'à la cinquième année. Il jouait beaucoup pour les étrangers. Quand le mouvement du port a décliné, il a perdu ses points d'appui. Il est mort en 1991, presque dans la misère. Au cimetière, il a été jeté dans la fosse commune, parce que personne n'avait de quoi payer un caveau".

dimanche 2 novembre 2008

samedi 1 novembre 2008

Lutte contre le narcotrafic en Afrique de l'Ouest

La semaine dernière, Praia a accueilli durant quatre jours une importante conférence interministérielle de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) consacrée à la lutte contre le trafic de drogue en Afrique Occidentale. Etaient présents les ministres de la justice et de l'intérieur des quinze pays appartenant à cette organisation, ainsi que des représentants de l'Union Européenne, de l'Organisation Mondiale des Douanes, ou encore d'Interpol.

En effet, plus qu'une zone de consommation, cette partie du monde est devenue depuis quelques années la principale plaque tournante d'un trafic qui vient alimenter le marché européen, en provenance d'Amérique Latine. Selon l'ONU, plus de 50 tonnes de cocaïne transitent chaque année par ces Etats côtiers "où les forces de sécurité sont les plus faibles" (par exemple, en raison de l'immensité des frontières maritimes, comme pour le Cap-Vert) et ceux qui sont politiquement instables, comme la Guinée-Bissau.
Tous les participants se sont accordés à dire que seule une action coordonnée des différents Etats était susceptible d'endiguer la montée en puissance de ce phénomène mettant en péril la stabilité de la région.
Parmi les décisions prises par les Etats, figurent :
  • la création d'un secrétariat de lutte contre la drogue et la criminalité
  • la création ou le renforcement des agences nationales de renseignement et d'investigation
  • l'affectation "d'une part adéquate du budget national des Etats" à la lutte contre le narcotrafic, faisant ainsi de cette cause une véritable priorité pour les années à venir.
Les Etats ouest-africains ont également adopté une "déclaration politique", pour s'engager solennellement à lutter contre le fléau, et se sont engagés à une meilleure coordination des appareils judiciaires.

Cette démarche a reçu le soutien de l'Union Européenne qui a, quant à elle, débloqué une enveloppe de 20 millions d'euros sur 5 ans.


En juillet, quatre Sud-Américains avaient été arrêtés à Bissau où ils étaient arrivés à bord d'un jet contenant, selon la police, plus de 500 kg de cocaïne. Mais la cargaison avait ensuite mystérieusement disparu. Le mois suivant, les quatre suspects s'enfuyaient de Guinée-Bissau après qu'un juge leur eut accordé la liberté provisoire sous caution. (source : www.cyberpresse.ca).
En octobre dernier, la police judiciaire capverdienne avait découvert, à Praia, plus de 170 kg de cocaïne dissimulés à l'intérieur de vieux moteurs qui devaient être expédiés par bateau vers le Portugal. Les peines prononcées par le tribunal avaient été exceptionnellement sévères : 10 ans d'emprisonnement (source : www.cap-vert.tv)

samedi 25 octobre 2008

La fin d'une époque

Le restaurant Mam'bia, haut lieu de la culture capverdienne à Paris, va définitivement fermer ses portes à la fin du mois. C'est une grande perte pour la communauté capverdienne, qui ne dispose pas de véritable structure culturelle et pour laquelle le Mambia constituait, depuis de nombreuses années déjà, l'un des repaires - si ce n'est l'unique - où se produisaient tous les artistes capverdiens de passage à Paris, dans un cadre moins informel et plus détendu que sur une scène quelconque.

Le Mam'bia, c'est aussi une gastronomie de très bonne qualité, ainsi qu'une atmosphère très conviviale et bon enfant, qu'a si bien su créer la patronne, Fernanda, d'une extrême gentillesse et d'un sens de l'humour très apprécié. Lors des différents spectacles, la spontanéité est toujours de mise et le public joue un rôle actif. On ferme les yeux, et on se sent tout de suite ailleurs, quelque part à Mindelo, au beau milieu d'une serenata improvisée. C'est magique.

Un dernier concert aura lieu le jeudi 30 octobre. On pourra entendre notamment Teofilo Chantre (Fifi pour les intimes), et Lutchinha, chanteuse à la voix de velours. Tous les capverdiens et autres amateurs sont vivement invités. Réservation recommandée.

Mam'bia - 9 bis, cour des Petites Ecuries - Paris 10ème. M° Château d'Eau